Répartition de la population des ménages par religion selon la nationalité et le milieu de résidence_RGPH 2021
Le dataset présente la répartition de la population des ménages en Côte d'Ivoire par religion, en croisant la nationalité et le milieu de résidence. On observe une nette différenciation religieuse selon l'origine : si les Ivoiriens sont majoritairement chrétiens à 45,6 %, les non-Ivoiriens sont massivement musulmans avec un taux de 69,8 %. Au niveau géographique, Abidjan se distingue comme un pôle de diversité où les chrétiens représentent 48,1 % de la population et les musulmans 46,1 %, tandis que les autres villes affichent une légère prédominance musulmane à 50,1 %. Le milieu rural présente un profil différent, marqué par une part plus importante de personnes sans religion s'élevant à 18,6 % et une pratique animiste plus visible à 3,7 %. Au sein de la communauté chrétienne, la catégorie des autres religions chrétiennes domine avec 24,2 % chez les nationaux, devançant les catholiques qui représentent 18 % de ce groupe. À l'inverse, l'Islam est la religion la plus homogène chez les populations étrangères, ne laissant que 22 % de place au christianisme dans cette catégorie. Les pratiques marginales comme le culte harriste ou les autres religions restent stables et minoritaires à travers toutes les zones, ne dépassant jamais 1 % de la population totale.
La répartition de la population par religion selon la nationalité, issue du recensement général de 2021 (RGPH), illustre une polarisation confessionnelle marquée entre les nationaux et les non-ivoiriens résidant dans le pays. La communauté musulmane affiche la plus forte concentration d'étrangers, avec 69,8 % de la population non ivoirienne s'identifiant à l'islam, contre 34,9 % pour les Ivoiriens. Cette réalité structurelle découle directement de la nature de l'immigration en Côte d'Ivoire, majoritairement originaire de pays de l'hinterland sahélien comme le Burkina Faso ou le Mali, où l'islam est la religion prédominante. À l'inverse, l'ensemble chrétien constitue le premier bloc chez les nationaux avec 45,6 % de fidèles, tandis que les non-ivoiriens n'y sont représentés qu'à hauteur de 22 %. Au sein de la population ivoirienne, les églises évangéliques et les nouvelles dénominations (regroupées dans les autres religions chrétiennes) connaissent un dynamisme particulier, surpassant le poids relatif des catholiques qui représentent environ 18 % des nationaux. La catégorie des animistes demeure marginale pour les deux groupes, confirmant le recul constant des religions traditionnelles face aux grandes religions monothéistes dans les statistiques officielles.
La répartition de la population par religion et milieu de résidence issue du RGPH 2021 met en lumière des disparités géographiques entre la capitale économique, les zones urbaines secondaires et le milieu rural, au sein d'une population totale résidente de 29 389 150 individus. L'ensemble chrétien se caractérise par une forte concentration à Abidjan avec 38,54 %, tandis que 31,41 % résident en zone rurale et 30,048 % dans les autres villes. La communauté musulmane affiche une présence plus marquée dans les centres urbains secondaires à hauteur de 38,01 % et à Abidjan avec 34,97 %, contre 27,01 % en milieu rural. À l'opposé, les pratiques traditionnelles et l'absence de religion restent massivement rurales : les animistes sont localisés à 74 % dans les campagnes contre seulement 6 % à Abidjan et 20 % dans les autres villes. Ce profil est similaire pour les autres religions avec 60 % en zone rurale, 20 % dans les autres villes et 20 % à Abidjan, ainsi que pour les personnes se déclarant sans religion qui sont représentées à 59,048 % en milieu rural, 29,52 % dans les autres villes et 11,42 % à Abidjan. Ces données confirment la transition urbaine rapide du pays, où 52,5 % de la population réside désormais en ville, tout en soulignant la persistance de spécificités culturelles et confessionnelles selon les milieux de vie.

