Evolution des recettes fiscales en Côte d'Ivoire entre 2008 et 2022
Le jeu de données montre l'évolution des recettes fiscales en Côte d'Ivoire. Ces données couvrent la période 2008–2022 et révèlent une double dynamique intéressante. En valeur absolue, la progression est ininterrompue et soutenue : les recettes passent de 1 626,4 milliards en 2008 à 5 268,3 milliards en 2022, soit un triplement en quatorze ans, ce qui traduit l'élargissement continu de l'assiette fiscale et la montée en puissance de l'administration fiscale ivoirienne. En revanche, le ratio recettes fiscales/PIB raconte une histoire plus nuancée : après des niveaux relativement élevés autour de 15–16 % entre 2008 et 2013, on observe une baisse notable à partir de 2015, avec des taux oscillant entre 10,9 % et 12,3 % jusqu'en 2022. Cette divergence entre la croissance des recettes en valeur absolue et le recul du ratio au PIB indique que l'économie ivoirienne a crû plus vite que la capacité de l'État à en capter les fruits fiscalement. Cela pointe vers un défi structurel de mobilisation des ressources internes, probablement lié au poids du secteur informel, aux exonérations fiscales accordées dans le cadre des politiques d'attractivité des investissements, et à la progression rapide d'activités encore peu ou pas taxées.
Ce graphique retrace l'évolution des recettes fiscales de la Côte d'Ivoire en pourcentage du PIB sur la période 2008-2022. En 2008-2009, le taux se situe à un niveau relativement élevé, autour de 15-15,7%, avant de connaître une chute brutale en 2011 à environ 12,5%, puis un plancher marqué en 2015 à près de 11%, niveaux qui correspondent aux années de crise postélectorale et de perturbation de l'appareil économique et administratif. La remontée spectaculaire entre 2015 et 2012. le graphique étant lu de droite à gauche est particulièrement frappante, avec un bond de 11% à 16% du PIB en l'espace de trois ans seulement, témoignant d'efforts intenses de mobilisation fiscale dans le sillage de la réconciliation nationale et des réformes de l'administration des impôts. Depuis 2012, on observe une tendance à l'érosion progressive du ratio, qui redescend autour de 12-13% entre 2017 et 2020, avant une légère reprise à 13% en 2021 et un retour à 12,2% en 2022. Cette trajectoire récente est préoccupante dans la mesure où le pays reste en dessous du seuil de 20% recommandé par l'UEMOA pour financer adéquatement les politiques publiques, et où la pression fiscale, malgré les efforts consentis, peine à se consolider durablement au-delà de 13-14% du PIB.

