Répartition de la population agricole de quelques régions de Côte d'Ivoire selon le sexe en 2024
Le graphique montre la répartition de la population agricole de quelsques régions de la Côte d'Ivoire selon le sexe en 2024. L'analyse révèle une masculinisation généralisée mais différenciée de la main-d'œuvre agricole sur l'ensemble des régions représentées. À l'exception de N'Zi et Gbêkê qui s'approchent de la parité voire la dépassent légèrement en faveur des femmes, toutes les régions enregistrent une proportion d'hommes supérieure à celle des femmes dans la population agricole active. La région du Grands-Ponts se distingue comme la région la plus déséquilibrée du panel, avec un écart d'environ 11 points entre les deux sexes. Ce profil est caractéristique des zones d'agriculture industrielle et de plantation, où la demande en main-d'œuvre salariée masculine souvent d'origine migratoire est structurellement élevée, et invite à différencier les politiques agricoles selon les profils régionaux, notamment en matière d'accès aux services agricoles et de renforcement des capacités.
Le Haut-Sassandra et Agnéby-Tiassa présentent des configurations similaires, bien qu'avec une intensité moindre, reflétant leur insertion dans les filières cacaoyères et hévéicoles du sud du pays, où la masculinisation de la main-d'œuvre constitue un frein potentiel à l'inclusivité des programmes de développement rural. Les régions de Yamoussoukro, Worodougou, San-Pedro et Lôh-Djiboua s'inscrivent dans un profil intermédiaire, avec des écarts contenus entre 4 et 5 points, traduisant une agriculture plus diversifiée combinant cultures de rente et productions vivrières, et où la participation féminine demeure significative sans pour autant atteindre la parité ce qui suggère des dynamiques de partage des tâches agricoles encore inégalement distribuées entre les sexes. Indénié-Djuablin, avec un écart similaire, confirme ce positionnement central et reflète une transition entre les logiques de plantation du sud et les pratiques vivrières du centre.
N'Zi et Gbêkê constituent les cas les plus proches de l'équilibre, illustrant le rôle central que les femmes occupent traditionnellement dans la production et la commercialisation des cultures alimentaires de base, et signalant que le ciblage des programmes d'encadrement technique et de crédit agricole dans ces zones doit impérativement intégrer une approche genre différenciée pour ne pas reproduire les inégalités d'accès aux ressources productives observées ailleurs. Bélier, bien que légèrement masculinisée, s'inscrit dans cette même logique de relative parité, portée par une agriculture vivrière active qui maintient les femmes dans le circuit productif agricole.
